Date de création : 27/03/2021
Race : Gnome
Réputation : Héros
Clan : Les Aventuriers de la Barrique
Monstres tués : 149 - Aventuriers tués : 6Crâne rituel de maître [DM +5٪ | ESP +1] - Tête
Plastron noble de maître [MM +5٪ | INT +1] - Buste
Sceptre émeraude de maître [MM +5٪ | INT +1] - Une main
Grimoire - Une main
Souliers en soie de maître [MM +5٪ | INT +1] - Pieds
Perle - Fétiche
A la ceinture :
Bâton d'hérétique de maître [MM +10٪ | INT +1 | CON +1] - Deux mains
Ingéniosité
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Cheval
Sparadra Compresson
Il est dit, dans les vallées que le vent oublie, qu’il existe des êtres dont le destin ne suit point les chemins tracés par leurs pères.
Sparadra, fils de la maison Compresson, naquit sous un ciel d’ardoise, dans une cité gnome enfouie entre collines de brume et sources fumantes. Son peuple était robuste, prompt au rire grave et aux colères franches. On y mesurait la valeur d’un être à la solidité de son bras et à la fermeté de son pas.
Mais l’enfant ne grandit point ainsi.
Il était élancé là où les siens étaient trapus, silencieux là où l’on aimait la clameur. Certains murmurèrent qu’il avait reçu plus d’esprit que de chair. D’autres y virent une faiblesse.
Ils se trompaient.
Car si son corps n’imposait pas le respect, son regard, lui, portait loin — comme s’il écoutait des voix que nul autre n’entendait.
À l’âge où les jeunes gnomes choisissent leur voie, Sparadra se détourna des forges et des lames enchantées. Il partit vers un ordre ancien de guérisseurs, dont le savoir se transmettait dans le silence des bibliothèques voûtées et sous la lumière tremblante des cierges. Là, il apprit l’art patient de la restauration : non point contraindre la vie, mais l’accompagner lorsqu’elle vacille.
Longtemps il étudia. Longtemps il servit.
Puis vint la guerre, comme elle vient toujours, sans demander avis.
Les nouvelles traversèrent les montagnes, portées par des messagers fatigués. Des cités tombèrent. Des lignées s’éteignirent. Le monde ancien se fendilla.
Sparadra, lui, resta en retrait des champs de bataille. Non par lâcheté, mais par fidélité à sa voie. Il soignait les revenants, recueillait les blessés, murmurait des mots anciens à ceux dont l’âme hésitait à quitter la chair.
Jusqu’au jour où la guerre atteignit son propre foyer.
Il ne vit point la chute de sa cité.
Il n’entendit ni le fracas des armes ni les cris des siens.
Il ne trouva, en revenant, que cendres et silence.
Alors, sous un ciel sans étoiles, quelque chose en lui céda.
On raconte que la terre elle-même frémit.
Que l’air se chargea d’une lumière blanche, trop pure pour être regardée.
Que le nom de Sparadra fut prononcé dans une langue plus ancienne que les montagnes.
Nul ne sait s’il invoqua cette puissance ou si elle le réclama.
Mais il disparut.~~~~~~
Lorsqu’il rouvrit les yeux, il gisait au pied d’arbres immenses dont les cimes se perdaient dans une brume verte et profonde. L’air était chargé d’une magie étrangère, plus sauvage, moins ordonnée que celle qu’il connaissait.
Ainsi vint-il en Kigard.
Cette terre n’était semblable à aucune autre. Les rivières y murmuraient des secrets. Les ombres semblaient observer. Les créatures qui hantaient ses forêts n’obéissaient qu’à des lois anciennes et indifférentes aux peuples venus d’ailleurs.
Sparadra erra d’abord seul.
Il apprit les sentiers, écouta le vent, mesura la force des racines sous la terre. Il comprit qu’il n’était point tombé ici par hasard. Kigard ne rejette pas ce qui lui est étranger ; il l’éprouve.
Et bientôt vinrent les autres.
Des aventuriers, errants, chasseurs de reliques, mages en quête de savoir, guerriers portant leurs cicatrices comme des trophées. Ils ne se ressemblaient guère, sinon dans ce feu intérieur qui pousse certains à défier l’inconnu.
Ils se rencontrèrent au détour d’un péril partagé.
Une bête des marais surgit dans la nuit, et le combat fut rude. L’un d’eux tomba, frappé au flanc. Ce fut la première fois que Sparadra leva ses mains en Kigard.
La lumière jaillit, non violente, non éclatante, mais ferme et résolue.
La plaie se referma.
Le souffle revint.
À cet instant, un lien fut tissé.
Ce ne fut pas un serment solennel, ni une alliance scellée par des mots anciens. Ce fut plus simple et plus profond : ils comprirent qu’ils survivraient mieux ensemble.
Au fil des saisons, ils traversèrent landes battues par les tempêtes, ruines envahies de lierre et citadelles oubliées. Ils affrontèrent des ombres qui rampaient hors des fissures du monde. Et toujours, au cœur de leur cercle, se tenait Sparadra.
Il ne menait point.
Il ne cherchait point la gloire.
Mais lorsque la fatigue brisait les volontés et que la peur s’insinuait dans les regards, sa présence suffisait à rétablir l’équilibre.
Car la force qu’il avait perdue dans son monde natal, il l’avait retrouvée autrement : dans la fidélité choisie, dans la confiance partagée, dans ces instants silencieux où l’on veille un compagnon blessé jusqu’à l’aube.
Ainsi, celui qui avait tout perdu trouva en Kigard non un refuge, mais une fraternité.
Et l’on dit, parmi ceux qui ont voyagé avec lui, que si la lumière de Sparadra ne brûle point comme un feu de guerre, elle ne s’éteint jamais, tant qu’un de ses compagnons respire encore.