Ronda

Date de création : 26/03/2021
Race : Naine
Réputation : Héroïne
Clan : Les Fossoyeurs du Destin
Monstres tués : 143 - Aventuriers tués : 1
Bassinet plume de maître [DM +5٪ | CON +1] - Tête
Cuirasse de maître [Pré +5٪ | CON +1] - Buste
Epée de spadassin de qualité [FOR +1] - Une main
Ecu en cuivre de maître - Une main
Jambières en cuivre de maître - Pieds
Amulette gelée de maître [Esq +5٪ | CON +1] - Fétiche

Don = Endurance

Haut-Fait [Entrer dans l'histoire]

Saurien Amitié avec Trollaskogr

Cheval : Quéva

Description





Ronda la Rustre (Rondovahn Liddo)

Au premier coup d’œil, Ronda semble être une naine à l’attitude assez rébarbative. Son regard lourd et inquisiteur ne donne pas une impression de bienvenue. Critique de tout et n’aimant pas spécifiquement la nouveauté, elle ne se laisse pas apprivoiser facilement. Avec son gros nez d’ivrogne, elle marmonne sans cesse à elle-même, maugréant contre le moindre irritant. Ceux qui réussissent à entrer dans ses bonnes grâces savent tout de même à quel point il est rapide de passer de la camaraderie à la confrontation. Ses bons amis ne se gênent pas pour l’appeler Ronda la Rustre devant elle, alors que les autres le disent simplement à voix basse.
 
Au-delà de cette façade bourrue et irrévérencieuse, Ronda est fondamentalement une bonne naine. Le personnage mal dégrossi qu’elle présente en première ligne camoufle une personnalité généreuse et obligeante, dotée d’une empathie sincère pour la souffrance des autres. 
 
La dualité de son tempérament est le résultat d’une révolte intérieure qu’elle mena durant des années. Peu de personnes connaissent les réelles origines de Ronda, car elle semble taire et mépriser cet aspect de sa vie. En fait, elle est née sous le nom de Rondovahn Liddo, de l’illustre famille naine Liddo. Cette famille est connue pour ses nombreuses exploitations minières, parmi lesquelles on retrouve les plus imposants travaux souterrains jamais creusés. Les richesses et le statut de sa famille lui ont offert une jeunesse à l’abri de tous soucis. Elle développa peu à peu l’attitude d’une petite maîtresse hautaine, autoritaire envers les domestiques et les gens du peuple. Ses tuteurs lui prodiguèrent une excellente éducation, ce qui lui permit de développer une élocution sophistiquée et une vive intelligence. Unique héritière des prodigieuses richesses de la famille Liddo, elle était toute destinée à reprendre la direction des mines, avec des centaines de travailleurs et de serviteurs sous ses ordres.
 
Il va sans dire que ses parents étaient fort trop occupés pour passer du temps avec elle. Laissée pour compte, au milieu de richesses et de jouets innombrables, elle ressentit peu à peu la solitude l’envahir. Elle n’avait jamais tissé de relation d’amitié ou de confiance avec aucun autre enfant, ni même avec une servante de sa maisonnée. Sournoisement, la mélancolie s’empara d’elle et le vide de sa vie lui devint angoissant, voire vertigineux.
 
Cherchant à comprendre un peu mieux le monde qu’elle piétine nonchalamment depuis sa naissance, elle s’intéressa davantage aux « autres ». On l’a surprise à lire des ouvrages qui n’étaient pas destinés à sa classe sociale ; des livres qui racontent la réalité du peuple et les souffrances des castes inférieures. Elle dut même se cacher de ses tuteurs afin de terminer la lecture d’une épopée émouvante, mettant en scène un jeune soldat dont le dévouement à protéger les démunis et les miséreux la marqua profondément. 
 
Un matin brumeux, errant dans les ruelles du château Liddo, elle entendit des fracas métalliques accompagnés de fervents cris de bataille. Elle s’approcha. C’était un entraînement des Protecteurs des Portes, l’unité d'élite qui œuvre en dernière ligne de défense en cas d’attaque du château. Ce matin-là, il y avait un camp d’entraînement pour les nouvelles recrues. Rondovahn cibla rapidement la source du tumulte. Un jeune novice nain combattait avec une telle exaltation et une ferveur si enivrante que la scène semblait tourner autour de lui. La recrue s’entraînait contre un sergent expérimenté, qui bloquait l’ensemble de ses attaques frénétiques en gloussant de surprise face à la passion du jeune Protecteur.
 
Hypnotisée par cette scène, Rondovahn ressentait la passion de chaque coup porté, comme si chacun d’eux avait sa raison d’être, sa tâche, sa vocation. Même si elles échouaient toutes sur le fer solide du bouclier de son adversaire, ces attaques incessantes n’évoquaient pas des questions ou des incertitudes, mais plutôt de limpides réponses.
 
Sa décision était prise.
 
Le lendemain, accoutrée des vêtements de ses serviteurs afin de ressembler à une jeune naine de classe ouvrière et de dissimuler son identité, elle s’enrôla dans le régiment des Protecteurs des Portes, sous le nom de Ronda.


Leksa ART - Girl warrior dnd portrait

 
Durant plusieurs années, cette mascarade perdura à l’insu de ses parents, absents et indifférents. Ronda forgea sa personnalité parmi les soldats de toutes les classes et de tous les horizons. Des entraînements brutaux à la pluie battante jusqu’aux soirées d’ivresse en taverne, elle devint graduellement cette Ronda la Rustre, ne jouant encore que rarement le rôle de Rondovahn lors des rencontres officielles. Le pot aux roses se fracassa lors d’un dîner de gala organisé par ses parents pour célébrer les 200 ans depuis l’ouverture de la première mine Liddo. L’ensemble de la division des Protecteurs des Portes paradait fièrement devant les invités, symbole de la réussite économique et sociale de la famille Liddo. Ronda, devenue depuis lors cheffe de détachement, marchait la tête haute au-devant de son unité. 
 
Exalté par cette démonstration et impatient de voir sa descendance se concrétiser par les piliers de la famille, le père de Ronda se servit de l’occasion pour annoncer le mariage arrangé entre Rondovahn et un jeune nain de famille riche. Un silence lourd tomba sur la salle de bal quand le père de Ronda l’appela en avant de la scène pour rencontrer son futur mari. Personne ne répondit à l’appel. Mais sous son casque, Ronda bouillait de rage.
 
Puis, lorsque son père annonça que le mariage serait célébré la semaine suivante, il s’en fut trop. La révolte s’empara de son jeune esprit. Le désir de liberté prit le dessus… mais c’était plus encore que cela. C’était le besoin de reprendre le contrôle sur sa destinée, de ne pas se voir imposer la vie bourgeoise d’une riche famille minière. De ne plus voir le respect des autres comme acquis, mais de mériter ce dernier, tel un soldat qui verse sang et sueur pour protéger les plus vulnérables.
 
Elle hurla un « Noooooonnn ! » percutant en jetant son casque au sol.
 
Son père comprit tout de suite. D’une voix calme, il demanda si elle refusait son injonction. Devant le refus catégorique de Ronda, il annonça derechef que si elle ne se pliait pas à sa demande, elle serait déshéritée. Il destitua sur-le-champ Ronda de son rang au sein des Protecteurs. 
 
Deux nuits plus tard, Ronda prit la fuite de sa riche demeure. Elle devait s’émanciper définitivement de la famille Liddo et de son nom. Laissant des vêtements accrochés à un rocher au bord du fleuve impétueux qui bordait son domaine, elle mit en scène un faux accident : sa propre noyade. Puis, simplement vêtue et mal équipée, elle s’enfuit vers des terres inconnues.
 
Sous cette apparence, Ronda erra longtemps dans le pays, voyageant et apprenant plus sur le monde et ses habitants que dans toutes les encyclopédies de la bibliothèque familiale.
 




Une année, elle prit un navire pour ces contrées mystiques, nommées les Terres de Kigard. Elle y fit la rencontre de quelques compagnons qui, eux aussi, semblaient tout faire pour s’extirper de la voie que le destin avait tracée pour eux. Ils devinrent de proches compagnons et, avec le temps, ils fondèrent une confrérie un peu décousue rassemblant ceux qui désirent s’opposer à ces forces intangibles qui dirigent la destinée des vivants. Ainsi sont nés les Fossoyeurs du Destin...
 
Les cycles passèrent. Les aventures du moment devinrent souvenirs d’antan. Cherchant à tenir les rênes de leur Destin, les membres du clan finirent par prendre différentes directions. Leur confrérie ne devint qu’un port d’attache afin de naviguer dans la vie comme ils le désiraient. La dernière expédition du clan dans le royaume maudit de Nandor mit en évidence un élément troublant pour Ronda. Elle avait eu la chance de briser le joug du destin en quittant sa famille. Les milliers de villageois qui périrent sur Nandor n’eurent pas cette chance. Le destin fut plus fort qu’eux.
 

Lors d’une discussion au bord du feu avec son compagnon d’aventure Manrek, avec qui elle s’est liée d’amitié en Nandor, Ronda partagea cette réflexion :
 
« Manrek, ne trouves-tu pas cruel que ces gens n'aient pu échapper à leur fatale destinée ? Je suis persuadée que plusieurs d’entre eux chérissaient l’espoir d’une vie libre, sans suivre la ligne tracée devant eux par le Destin. Un peu comme moi à l’époque…  

— Oui, ma chère Ronda. Oui, cruel, en effet. Tout aussi cruel que ce qui est arrivé aux habitants de Solmara après la chute de Myrénör, le Protecteur.

— Protecteur ? Je ne connais pas cette histoire, Manrek. Je t’en prie, raconte-la-moi ! »
 

Manrek lui apprit alors l’histoire du désert et de la ville de Solmara. Il raconta la ferveur de Myrénör à défendre ses habitants et de son Serment de protection. Puis, il relata sa chute. Après un long silence, il reprit la parole :
 
« Ce Serment de Myrénör, je le fais mien et reprends la tâche là où elle échoua, dit Manrek avec vigueur.

— Mais un serment, répliqua vivement Ronda, n’est-ce pas là l’antithèse de la liberté individuelle ? N’est-ce pas le refus volontaire de vivre sa vie selon nos propres choix ?

— Non, Ronda. Tu te trompes. C’est toi et toi seule qui décides si ce Serment fait partie de ta destinée. Mais sache une chose, c’est que les habitants du désert que je protégerai sous le Serment de Myrénör auront, eux aussi, la possibilité de choisir leur futur. »
 
Ronda ne dormit pas cette nuit-là. Aux premières lueurs du jour, elle s’accroupit près de Manrek qui sommeillait encore et lui dit solennellement :
 
« Il est trop tard pour Nandor. Cependant, pour que tous ceux qui vivent sous le soleil du désert aient la même chance que moi de prendre leur destinée en main, je jure d’honorer à mon tour le Serment de Myrénör… »